La spectropolarimétrie, nouvelle méthode pour rechercher la vie extraterrestre

En analysant la lumière terrestre réfléchie par la Lune, des chercheurs sont parvenus à détecter les marqueurs chimiques de la présence de la vie sur Terre. Une méthode qui pourrait permettre de reconnaitre la présence de vie sur des planète extrasolaires.

image 380L'amélioration des techniques de détection et d'analyse de la lumière reçu d'astres lointains ouvre de nouvelles possibilités pour tenter de découvrir des preuves de vie extraterrestre. Des chercheurs de l'Instituto de Astrofisica de Canarias (IAC) en collaboration avec des chercheurs de l'Observatoire Européen Austral (ESO) et le l'Observatoire Armagh au Royaume Uni ont proposé dans la revue Nature une nouvelle méthode afin de détecter les signes de vie sur des planètes extrasolaires [1].

La lumière réfléchie par les planètes orbitant autour d'une étoile lointaine est bien souvent difficile à étudier car elle est noyée par la lumière de l'étoile en question, beaucoup plus intense. Cependant, un détail les différencient. La lumière d'une source primaire comme une étoile ne dispose pas d'un plan privilégié de propagation. Elle n'est pas polarisée. Le phénomène de réflexion modifie cette situation et polarise la lumière. La lumière de l'étoile, réfléchie par la planète, est polarisée suite à cette réflexion et en étudiant la lumière reçue par les deux astres, il est possible de différencier la lumière réfléchie par la planète. La méthode porte ainsi le nom de spectropolarimétrie. Une fois isolée, l'analyse de la composition de la lumière réfléchie par la planète permet de mettre en évidence des marqueurs de la vie.

Pour tester cette partie du problème, les chercheurs ont utilisé la lumière réfléchie par la Lune. Mais attention, pas n'importe laquelle ! La Lune possède une face éclairée par le Soleil et une autre "sombre", qui ne reçoit jamais de lumière de notre étoile. Cette partie n'est pourtant pas complètement noire. La Terre réfléchie une partie de la lumière qu'elle reçoit du Soleil et cette lumière est ensuite elle-même réfléchie par la partie "sombre" de la Lune. En étudiant cette lumière réfléchie par la Lune, les chercheurs ont mis en évidence une série de marqueurs indicant la présence de végétation sur le sol ou encore la présence de nuages dans l'atmosphère terrestre.

La méthode pourrait alors permettre de détecter sur des planètes extrasolaires des marqueurs chimiques complexes, ou des conditions, nécessaires pour le développement de formes de vie similaires à celles existant sur Terrre. Des informations importantes mais qui ne pourraient pas forcément confirmer la présence de vie. Par ailleurs, la vie terrestre est le seul exemple dont disposent les chercheurs. D'autres formes de vie, basés sur d'autres molécules chimiques, pourraient exister sans que nous puissions en identifier les marqueurs. La quête de la vie extraterrestre s'avère ainsi une entreprise de longue haleine.

Note :

Source : "El brillo de la Tierra da pistas para buscar vida en los exoplanetas", Plataforma SINC, 29/02/2012.

Crédits : ESO/L. Calçada

 

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