L'affaire de Glozel

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En 1924, un cultivateur de dix-sept ans et demi, Emile Fradin, découvre une tombe ancienne à Glozel, simple hameau au sud-est de Vichy. Ainsi commence, selon les termes des journalistes, une « affaire Dreyfus de l'archéologie ». En effet, les fouilles vont se succéder, dans des conditions souvent chaotiques et même douteuses ; les savants s'en mêleront, des malversations et des partis pris compliqueront les conflits d'amour-propre et de passion, des archéologues s'approprieront certains des objets, et l'ensemble du dossier deviendra quasi-inextricable.

On retrouva à Glozel deux types d'objets ou « mobilier »: d'abord, des os sculptés, statuettes, petits outils, harpons, haches polies, pointes de flèches... apparemment magdaléniens et néolithiques ; ensuite, des céramiques comprenant des tablettes d'argile gravées de signes mystérieux.

Le résultat des expertises successives, dont celles de 1975, à Oxford, de Mejdahl, et à Fontenay-aux-Roses, en 1973, par thermoluminescence, se résume ainsi : les tablettes, objets les plus intrigants, dataient de 900 à 300 ans avant notre ère pour Mejdahl, et de 450 ans av. J.-C. au 1er siècle pour Fontenay-aux-Roses. En somme, elles remontent à l'âge du fer. Les inscriptions ont semblé apparentées aux écritures ibérienne et phénicienne, mais elles demeuraient et demeurent à ce jour indéchiffrables.

Les os gravés étaient encore plus déconcertants, certains remontant à 19 000 ans avant notre ère, d'autres au début de notre ère. Il n'y a pas d'homogénéité entre les objets du gisement, ce qui ne plaide guère en faveur de son authenticité.

En plus de cette incohérence déroutante, beaucoup ressemblent grossièrement aux pièces magdaléniennes retrouvées au début du XXe siècle, découvertes qui furent diffusées par la presse savante. La suspicion de faux magdaléniens et néolithiques a donc pesé lourd dans le destin du site de Glozel : aucun grand ouvrage d'archéologie n'en parle, et les meilleurs dictionnaires condamnent le site.

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