La Terre en route vers une glaciation ?

Cela fait quelques mois qu’on nous rabat les oreilles avec la fonte des glaces de la banquise à cause du réchauffement climatique et avec la migration des ours blancs, obligés de fuir vers le Sud pour échapper à la réduction de leur territoire gelé.

Mais voici qu’un rapport de l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change, groupe international sur le changement climatique) des Nations-Unies, fort opportunément « fuité » dans la presse britannique, bat froid cette dramatisation.

La surface d’Océan Arctique couverte par la glace a augmenté de 60% par rapport à la même période l’an dernier. Cela fait presque 2,5 millions de kilomètres carrés de banquise en plus, c’est-à-dire cinq fois la superficie de la France ou la moitié de celle de l’Europe, pour fixer les idées.

La glace a tellement gagné que, début septembre (alors que l’été n’est pas encore fini), elle touchait les îles septentrionales du Canada d’un coté et la Sibérie russe de l’autre. Le « Passage du Nord-Ouest », qui permet de contourner le Canada et de passer d’Atlantique au Pacifique sans passer par Panama, est resté bloqué en permanence par les glaces depuis l’été 2012.

article 2415191 185A43E400000578 982 640x365Il y a quelques années, la BBC avait annoncé un Arctique sans glaces en 2013 : on en est donc loin !

L’affaire a été révélée par le Mail, ce dimanche 8 septembre, et reprise en début de semaine suivante par le Telegraph et la BBC.

Certains scientifiques ont rebondi sur ces articles pour expliquer que la Terre se dirigeait vers un « Petit Âge des Glaces », c’est-à-dire vers un refroidissement, qui pourrait durer un demi-siècle…

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces prévisions ne sont pas au diapason de celles, éminemment alarmistes et catastrophiques, du réchauffement climatique.

Du reste, la plupart des centres de recherche sur la climatologie reconnaissent aujourd’hui que ces prévisions alarmistes ne se sont pas réalisées : ils parlent d’une « pause » dans le réchauffement climatique depuis 1997.

Ces prévisions des années 1990 ont pourtant fait dépenser des milliards d’Euros en mesures « vertes » censées combattre les effets du changement climatique.

Le rapport de l’IPCC a fait l’effet d’une bombe glacée aux Nations Unies : une réunion de crise a eu lieu, et une présentation formelle des conclusions du rapport doit être faite par l’IPCC courant octobre, précédée par une réunion préparatoire fin septembre.

Ce délai semble nécessaire à un complément d’information : tel qu’il a été fuité dans la presse britannique, le rapport de l’IPCC n’explique pas les raisons de la « pause » - qui dure tout de même depuis 15 ans ! Les gouvernements qui financent l’IPCC lui ont demandé pas moins de 1500 modifications et compléments d’information.

Le rapport insiste sur le fait que l’augmentation du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sur les 150 dernières années est due à la pollution par les émissions de gaz à effet de serre. L’IPCC se dit « confiante à 95% » que le réchauffement est d’origine humaine, un « taux de confiance » en hausse par rapport aux 90% de 2007.

Le professeur Judith Curry, éminente climatologue américaine, se demande néanmoins sur quoi se base cette augmentation du « taux de confiance », alors que « l’incertitude va croissant » au sein de la communauté scientifique.

Selon elle, l’étude des cycles longs de la température des océans semble indiquer, au contraire, que l’on se rapproche d’un refroidissement planétaire semblable à celui que nous avons connu entre 1965 et 1975. À cette époque pas si lointaine, les scientifiques qui n’étaient pas encore érigés en climatologues prédisaient l’imminence d’un Âge Glaciaire…

Le professeur Anastasios Tsonis, de l’Université de Wisconsin, explique : « Nous sommes déjà dans une tendance au refroidissement, laquelle va continuer à mon avis pendant les quinze prochaines années. Il ne fait aucun doute que le réchauffement des années 1980 et 1990 est terminé. »

Il reste à savoir si les analogies sur 15 ans avec les phénomènes passés peuvent avoir valeur de prévision. Comme il reste à savoir si les modèles informatiques utilisés par l’IPCC pour modéliser l’avenir à long terme du climat sont fiables en termes de prédictions.

L’avenir le dira. En attendant, les débats d’expert et les taux de confiance injustifiés ont de beaux jours devant eux.

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