1786 : le mystère des outils pétrifiés d’Aix-en-Provence

aix-en-provenceLe comte Jacques Louis de Bournon cite dans son Traité de minéralogie (Vol. 2, 1808), une curieuse note d'un certain Mr. le Chevalier de Sades, qui rapportait lui-même une découverte faite par des ouvriers français à la fin du XVIIIe siècle, dans les environs d’Aix-en-Provence.

Il donnait à ce propos les précisions suivantes :

« Au cours des années 1786, 1787 et 1788, des ouvriers travaillaient près d’Aix-en-Provence, dans une carrière de pierre pour la reconstruction sur une vaste échelle du palais de justice. La pierre était un calcaire gris foncé dont les moellons sont tendres quand ils sortent de la carrière, mais se durcissent au contact de l’air. Les strates étaient séparées l’une de l’autre par une couche de sable mêlé d’argile plus ou moins calcareuse. Les premiers bancs de pierre exploités ne présentaient aucune trace de corps étrangers, mais après que les ouvriers eurent débardé les dix premiers bancs, ils furent surpris en extrayant le onzième de trouver sa surface inférieure à une profondeur de quarante ou cinquante pieds couverte de coquillages. Quand la pierre de ce banc eut été débardée, tandis qu’ils dégageaient une strate de sable qui séparait le onzième banc du douzième, ils trouvèrent des tronçons de colonnes et des fragments de pierre à demi travaillés, et la pierre était exactement similaire à celle de la carrière ; ils découvrirent en outre des coins, des manches de marteau et d’autres outils ou fragments d’outils en bois. Mais ce qui attira principalement leur attention c’était une planche épaisse d’environ un pouce et longue de sept ou huit pieds ; elle était brisée en de nombreux morceaux dont aucun ne manquait, et il était possible de les remettre bout à bout pour rendre à la planche sa forme originale, qui était celle des planches du même genre qu’utilisent aujourd’hui les maçons et les carriers : elle était usée de la même manière, arrondie et ondulée sur les bords. »

Poursuivant sa description, le Chevalier de Sades déclarait :

« Les pierres qui étaient complètement ou partiellement travaillées n’avaient nullement changé de nature, mais les fragments de la planche et des instruments ainsi que des morceaux d’outils de bois s’étaient transformés en agate très fine et agréablement colorée. »

Le comte de Bournon, dont les travaux étaient estimés des grands naturalistes de l'époque, commente brièvement cette étrange découverte :

« Nous avons donc ici les traces d’un travail exécuté par la main de l’homme à une profondeur de cinquante pieds et recouvertes de onze couches de calcaire compact : tout tendait à prouver que ce travail avait été exécuté sur place. La présence de l’homme avait donc précédé la formation de cette pierre, et ce depuis bien longtemps puisqu’il était déjà parvenu à un tel degré de civilisation qu’il connaissait les arts et travaillait la pierre pour en faire des colonnes. »

Ces passages sont parus dans l’American Journal of Science en 1820 ; aujourd’hui, toutefois, il est peu probable qu’un tel témoignage figure dans les pages d’un journal scientifique. La science ne prend tout simplement pas au sérieux ce genre de découvertes.

Ci-dessous, les deux pages en question du Traité de minéralogie, livre disponible sur Google books.

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Source :  « L'Histoire secrète de l'espèce humaine » de Michael Cremo et Richard Thompson, Editions du Rocher, 2002.

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