Un cousin de l'Archéoptéryx

Le fossile d’un dinosaure de la taille d’un corbeau et qui vivait il y 150 millions d’années replace l’Archéoptéryx sur son perchoir à oiseaux.
 
nature12168 f1.2Longtemps présenté comme le plus vieil oiseau connu, l’Archéoptéryx a vu son statut remis en question il y a deux ans par des chercheurs chinois. Ils avaient proposé de déchoir l’auguste créature de la branche des oiseaux pour la replacer sur une autre branche, voisine, des dinosaures aviformes (c’est-à-dire en forme d’oiseau).
 
Mais une équipe internationale menée par l’Institut Royal de Sciences Naturelles de Belgique en est arrivée à la conclusion inverse : selon elle, l’Archéoptéryx appartenait bien à l’ordre des oiseaux.
 
Le célèbre fossile a été découvert pour la première fois en Allemagne en 1861. Il est rapidement devenu une figure de proue de l’histoire de l’évolution, mi-reptile mi-oiseau qu’il était. Il avait de larges ailes garnies de plumes comme un oiseau, des pattes à trois griffes, de petites dents aiguës et une longue queue vertébrée comme un dinosaure.
 
Ces deux dernières décennies, plusieurs fossiles de dinosaures à plumes découverts en Chine du Nord ont fait douter du fait que l’Archéoptéryx ait été l’ancêtre des oiseaux actuels.
 
Mais la découverte récente du squelette intact et bien conservé d’une espèce jusqu’alors inconnue, que les Chinois ont nommée Aurornis Xui (photo), le replace sur la branche des oiseaux. Comme beaucoup de ses cousins de l’époque, l'Aurornis Xui vivait dans l’actuelle province du Liaoning, au nord-est de la Chine, à la fin du Jurassique.
 
Pascal Godefroit et ses collègues de l’équipe belge ont eu l’idée de comparer l’anatomie de l’Aurornis Xui à celles de plusieurs oiseaux et dinosaures pour établir des similitudes et ainsi rechercher de possibles parentés. Les résultats de leurs travaux, publiés dans l’édition du jeudi 30 mai 2013 du journal Nature, le placent ainsi que son cousin l’Archéoptéryx dans la lignée des oiseaux.
 
Lawrence Witmer, expert en évolution des espèces près l’Université de l’Ohio aux Etats-Unis et qui n’a pas pris part aux recherches, juge cette analyse convaincante, bien qu’il soit toujours malaisé de différencier les deux ramilles de l’arbre de l’évolution que sont les oiseaux et les dinosaures aviformes : « Toutes ces petites créatures à plumes qui couraient et voletaient un peu partout se ressemblent. »

Référence : A Jurassic avialan dinosaur from China resolves the early phylogenetic history of birds, in Nature 498, pp. 359-362. Auteurs : Pascal Godefroit, Andrea Cau, Hu Dong-Yu, François Escuillié, Wu Wenhao et Gareth Dyke.

 

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