Canal cyclopéen antique au Guatemala

ÉTAT DE GUATEMALA. — Découverte et construction cyclopéenne d'un canal et d'une grotte marine mettant autrefois en communication les deux mers.

Un médecin français, établi à Vera-Paz, et unissant à l'exercice de son art la gestion agricole de vastes propriétés, aurait, à la suite de fouilles entreprises pour établir un canal qui permit de transporter les denrées à la mer, rencontré, au fond du golfe de Honduras, l'ouverture d'un canal monumental de 75 mètres de largeur, se dirigeant en droite ligne vers le sud-est, et dont les parois sont construites d'énormes pierres grossièrement taillées.

On aurait suivi les deux parois, toujours parallèles, dans une étendue de plusieurs lieues. Arrivé au pied des montagnes où brûle le volcan des Fougo, on aurait pénétré, après avoir coupé des arbres gigantesques qui en obstruaient l'entrée, sous une voûte de 100 mètres de hauteur et d'une largeur égale à celle du reste du canal.

Rien dans les anciennes constructions cyclopéennes de la Grèce ne saurait donner une idée de la formidable maçonnerie des parois de cette voûte. Une eau salée et profonde de 20 mètres occupe le canal. Notre intrépide compatriote n'aurait pas hésité à s'embarquer avec quelques Indiens, sur une pirogue qu'il aurait tait transporter sur les lieux. Dix-huit heures après, s'il faut en croire son affirmation, il débouchait dans le grand Océan, entre Guatemala et San Salvador par une grotte immense et naturelle que les pécheurs de ces côtes appellent la Gueule du Diable, et où la superstition les avait toujours empêchés de pénétrer.

Toute la partie voûtée de cette construction surhumaine serait éclairée par d'énormes puits s'ouvrant en plein ciel, et dans toute son étendue elle serait facilement navigable aux plus grands navires. M. Alexandre de Humbold nous avait bien déjà parlé d'édifices américains dont l'architecture dénotait une haute antiquité et révélait une civilisation particulière ; mais ses savantes descriptions n'avaient pu nous faire soupçonner l'existence d'un semblable monument. Quel grand peuple a donc habité ces contrées?

Si cette nouvelle se confirme, voilà la communication maritime établie au centre des deux Amériques, entre les deux hémisphères. L'Europe se laissera-t-elle devancer ainsi par le Nouveau-Monde, et ne se décidera-t-elle pas à couper l'isthme de Suez?

Annales de philosophie chrétienne, nº 25, janvier 1852.

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