Un campement préhistorique découvert au sommet des Andes

Des traces attestant de la présence humaine, vieilles de 12 000 ans, ont été découvertes par des archéologues américains et allemands à 4 480 mètres dans la chaine montagneuse des Andes, au Pérou.

La découverte a fait l’objet d’une publication le 23 octobre 2014 dans la revue Science, sous le titre « Paleoindian settlement of the high-altitude Peruvian Andes ».

Parmi les trouvailles effectuées par les auteurs de cette étude, il y a un abri sous roche et un atelier de taille de pierre à l’air libre, dans lequel des centaines d’outils de pierre ont été découverts. Dont notamment des pointes de lances et des bifaces, dont certains ont été datés à -12 800 ans.

Les archéologues américains et allemands ont également constaté la présence d’ossements de vigognes, un gros mammifère vivant sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes, ancêtre sauvage de l’alpaga moderne.

Cette découverte a été rendue possible par de précédents travaux menés dans les années 1990 par les mêmes scientifiques. A cette époque, Kurt Rademaker (Université du Maine, Etats-Unis) et ses collègues étudiaient un campement de pêcheurs vieux de 13 000 ans, sur un site côtier du Pérou appelé Quebrada Jaguay.

Au cours de ces travaux, ces chercheurs avaient mis la main sur des outils en obsidienne, une roche volcanique vitreuse riche en silice. Or, aucun cours d’eau ni aucun autre facteur géologique ne pouvait expliquer la présence de roche volcanique à cet endroit. Les chercheurs en ont donc déduit que cette roche volcanique provenait des volcans des montagnes de la chaîne des Andes, dont les premiers étaient situés à quelques 160 kilomètres.

Référence de l'étude : "Paleoindian settlement of the high-altitude Peruvian Andes", Science nº 346, pp. 466-469, 24 octobre 2014. Auteurs : Kurt Rademaker, Gregory Hodgins, Katherine Moore, Sonia Zarrillo, Christopher Miller, Gordon R. M. Bromley, Peter Leach, David A. Reid, Willy Yépez Álvarez, Daniel H. Sandweiss.

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