Nicolas Roerich, le « prophète de la peinture »

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Depuis Léonard de Vinci, Roerich fut assurément l’un des maîtres les plus inspirés. La richesse de sa palette, la simplicité des formes, la netteté des concepts picturaux produisent une impression saisissante.

L'œuvre prophétique de Nicolas Roerich

Nicolas Roerich (1874-1947) a été appelé fort justement le « prophète de la peinture » après que les experts de son art eussent constaté, par le titre de ses tableaux, de 1897 à 1947, que beaucoup d’entre eux étaient des prédictions symboliques d’événements à venir.

En 1901, il expose « Зловещие » "Le Sinistre" , représentant de noirs corbeaux sur un arrière-plan de roches grises, de mer sombre et de ciel orageux. Anticipation des horribles guerres du siècle passé.

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En 1913, Roerich produit Actions humaines qui dépeint des vieillards aux cheveux gris contemplant avec une douloureuse surprise les ruines d’une ville. La Cité condamnée, montrant une ville fortifiée qu’encercle, comme pour l’étouffer, un gigantesque python, fut achevée au début de 1914 et prédisait aussi l’approche d’une monstrueuse calamité qui détruirait les cités.

Les Trois Couronnes, œuvre exposée à Saint-Pétersbourg vers le même temps, représente trois monarques armés d’épées, dont les couronnes s’élèvent au-dessus de la tête pour disparaître dans les nuées. Cette toile annonçait la chute des maisons impériales de Hohenzollern, Habsbourg et Romanov à l’issue de la Première Guerre mondiale qui éclata quelques mois plus tard.

A la veille des invasions nazies, Roerich produit plusieurs peintures à la détrempe sur un même sujet qui semble le hanter : les poignants cortèges, au long des routes, de réfugiés épuisés, traînant leurs pauvres hardes sous un ciel noir. C’était sa prédiction des exodes européens qui marquèrent la Deuxième Guerre mondiale.

la bannière de la paix« Culture et Paix sont les buts les plus sacrés de l’humanité » écrivit Roerich dans un des nombreux articles qu’il publia. Dès 1929, comme s’il anticipait une calamité mondiale, le peintre fonde, à Washington, son Pacte de Paix et celui-ci est sanctionné par les républiques de l’Union panaméricaine. Cette Croix-Rouge de la culture avait pour objectif d’éviter, en cas de conflit, la destruction des centres culturels en les plaçant sous la protection d’un drapeau blanc frappé de trois points rouges dans un cercle de même couleur.

Maître en son art, Roerich fut plus encore explorateur, archéologue et écrivain. Il fut l’émissaire de ceux qui ont, au long des âges, préservé la source de l’ancienne sagesse. Les signes qui distinguent ces envoyés exceptionnels sont la possession du savoir secret qui s’étend au-delà des bornes de notre science.

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