Les ruines cyclopéennes du Pacifique

carte-pacifique« Il était une fois des étrangers blancs qui arrivèrent sur des barques étincelantes. Ils ne parlaient pas notre langue, mais des hommes de notre race les accompagnaient et avec eux nous pouvions nous comprendre bien que leur dialecte fût différent du nôtre et que leurs mœurs fussent celles d’étrangers. Ils narraient de très belles histoires qui se passaient sur une terre située au-delà de nos mers où s’élevaient des édifices magnifiques et où vivaient heureux des hommes et des femmes.»

« Ces gens nous enseignèrent la magie, et des îles émergèrent de l’océan, nos bateaux volèrent au-dessus des vagues, aucun ennemi ne se montra assez fort pour détruire nos défenses. Malheureusement se déchaîna un jour une grosse tempête et nos forteresses furent abattues et nos îles pleines de fleurs et de chansons s’enfoncèrent dans les flots.»

« Les étrangers blancs qui survécurent nous incitèrent à reprendre le travail, mais nous étions trop paresseux ; nous n’écoutâmes pas ce qu’on nous disait et nous décidâmes de chasser ceux qui nous faisaient la morale. C’est ainsi que le peuple des îles tomba en déchéance et que le frère oublia son frère. »

Cette légende, recueillie et transcrite par le Dr John Macmillan Brown, nous arrive des îles Carolines. Elle se rapporte certainement à un fait très précis qui s’est passé sur l’île de Pohnpei, autrefois Ponape.

Une île du pacifique comme une autre, dites-vous. Non, car à Pohnpei on peut voir encore des restes de monuments cyclopéens extraordinaires (Nan Madol) ; par exemple, un temple de basalte dont les murs mesurant dix mètres de hauteur sont entourés de ruines et d’un labyrinthe de terrasses et de canaux.

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Churchward pense que c’était une des sept villes du légendaire pays de Mu et Jean Dorsenne dit : « D’immenses constructions dressées sur de petites îles artificielles carrées ou rectangulaires entourées de parapets et d’énormes blocs de basalte font de Ponape une fantastique Venise cyclopéenne. »

L’ensemble forme un labyrinthe et le surnom de « Venise du Pacifique » viendra aussitôt à l’esprit du voyageur. Mais il ne s’agit pas du tout d’une ancienne cité aquatique: ces ruines se trouvaient autrefois sur la terre ferme ; elles furent recouvertes par les eaux du Pacifique à une époque très reculée. Quels furent les bâtisseurs de ce prodigieux ensemble?

L’île de Pohnpei n’est pas la seule île qui garde de grands secrets. Comme Serge Hutin le rappelle, « à Mangaïa, au sud de l’archipel de Cook, il existe des statues semblables à celles de l’île de Pâques ».

8388330562 ed2302660dTongatapu dans les îles Tonga, possède une arche de pierre (Haʻamonga ʻa Maui) pesant plus de 120 tonnes ; aux Samoa, on admire une très belle terrasse de pierre rouge et aux Mariannes, à l’est des Philippines, se dressent des colonnes au fût tronqué qui gardent tout leur mystère.

En novembre 1938, les frères Bruce et Sheridan Fahnestock, de New York, rentrèrent d’une expédition qui dura deux ans et au cours de laquelle ils avaient découvert sur l’île de Vanua Levu (archipel des Fidji) un ensemble monolithe de 40 tonnes couvert d’inscriptions illisibles. C’était une nouvelle énigme à mettre au dossier de l’archéologie et les journaux la signalèrent en faisant allusion au continent disparu de Mu.

ile-tinianLe baron d’Espiard de Colonge, écrit à propos de l’île de Tinian, qui appartient aux Etats-Unis mais qui fait aussi partie de l’Océanie : « L’île est littéralement couverte de pilastres et de constructions en forme de pyramide à base carrée qui n’ont jamais servi à édifier quoi que ce soit... Ces pilastres sont faits de sable ou de terre compressée ; ils sont surmontés d’une boule coupée en deux dont la partie plate est tournée vers le haut... Plus à l’est, sur les montagnes de l’île de Rapa qui ne mesure qu’une trentaine de kilomètres, on a découvert des ruines de châteaux cyclopéens...

A propos de Pohnpei peut-on aussi parler du mystérieux continent disparu de Mu ? Quels étaient ces étrangers qui ne parlaient pas la langue des indigènes ? Peut-être des hommes blancs accompagnés d’amis polynésiens déjà initiés ? Que veulent dire les « barques étincelantes », « la magie », « les bateaux qui volent au-dessus des vagues » ?

En complément de l'article :

Carte du centre de Nan Madol :

Plan des ruines de Nan Madol

Reportage sur Nan Madol :

 

Coupure de presse du « Montreal Gazette » sur  l' « affaire Fahnestock », 19 oct. 1937 :

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Extrait de L'Echo du monde savant, nº 18, 1er Mai 1836.

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Carte de Mu selon James Churchward. "The Lost Continent of Mu", 1927 :

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Bibliographie :

  • Peter Kolosimo, Archéologie spatiale, Paris, Albin Michel, 1971.
  • Serge Hutin, Hommes et civilisations fantastiques, collection J'ai Lu "L'Aventure mystérieuse" n°A238.
  • A. de Quatrefages : « Etude sur quelques monuments & constructions préhistoriques : à propos d'un monument mégalithique de l'île de Tonga-Tabou », in revue d'ethnographie, tome second, nº3, 1883.
  • The Problem of Lemuria: The Sunken Continent of the Pacific, London: Rider & Co., 1932
  • John Macmillan Brown, The Riddle of the Pacific (1924)
  • A LOST EMPIRE.  Press, Volume XLIX, Issue 14768, 11 Septembre 1913, Page 8, voir ici Paperspast.natlib.govt.nz
  • Mysteries of the Pacific, arcticle du Brisbane Courier, 20 aout 1927, voir ici Trove.nla.gov.au
  • Égypte et l'OcéanieEspiard de Colonge, Alfred d' (1810-18..?),E. Dentu (Paris), 1882. voir ici p.12 Gallica.bnf.fr/ark:/12148

Table des illustrations :

  • 1) Carte du Pacifique
  • 2) Les ruines de Nan Madol
  • 3) Ha'amonga 'a Maui s, trilithe situé au Royaume des Tonga.  Flickr.com/photos/keithc/8388330562/
  • 4) Les colonnes de Tinian. Jacques Arago, Voyage Autour de Monde, Paris,1824

 

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