À la recherche de vestiges Atlantes sur l'Altiplano bolivien

carte-bolivieAu sud du centre de l'empire inca, un immense plateau s'étend dans les Andes : l'Altiplano. Après le plateau tibétain, c'est le deuxième plus grand plateau de haute altitude de la terre. D'une hauteur moyenne de 3300 m, il est entouré de montagnes et de volcans. À la Préhistoire, il était vraisemblablement recouvert d'une vaste mer intérieure, dont seuls deux lacs subsistent encore : le lac Titicaca et le lac Poopó.

En 1978, en analysant des photographies aériennes, l'Écossais Jim Allen s'est rendu compte que l'Altiplano semblait correspondre de près à la description faite par Platon de la plaine où se trouvait la capitale de l'Atlantide. Selon Platon, cette plaine était rectangulaire, encerclée par des montagnes, comportant une petite colline en son centre, proche de la mer.

La traduction de Platon dont Allen s'est servi précisait aussi que la plaine était bien au-dessus de la mer et descendait jusqu'à la moitié de cette altitude du « côté long » du continent. Ces descriptions s'accordent bien à l'Altiplano bolivien.

Pour Allen, même les dimensions spécifiques de Platon, 3000 × 2000 stades, sont conformes si on réinterprète légèrement cette ancienne unité de mesure. Après plusieurs expéditions, Allen à localisé ce qu'il tenait pour la petite colline formant le centre de la cité d'Atlantide, une colline appelée Pampa Aullagas, proche du lac Poopó.

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Selon lui, Platon désignait ce lac lorsqu'il affirmait que la cité d'Atlantide était proche de la « mer ». Allen considère que la destruction de la cité a été provoquée par une brusque montée des eaux du lac Poopó, combinée avec des tremblements de terre (fréquents dans la région).
Pour résumer, Allen prône que l'Amérique du Sud est le continent encore existant d'Atlantide, positionné plus ou moins exactement là ou Platon le dit, que le plateau de l'Altiplano est probablement le seul endroit du monde correspondant réellement à la description de la plaine centrale de l'Atlantide faite par Platon, que la capitale atlante était située près des rives du lac Poopó et que ses ruines gisent vraisemblablement sous le limon salé du lac et autour de celui-ci.

Pour étayer sa théorie, Allen avance une série de preuve :

  • Atl et antis sont des mots amérindiens signifiant respectivement « eau » et « cuivre ». Selon Platon, les deux étaient des caractéristiques importantes de l'Atlantide ; elles sont aussi typiques de l'Altiplano et des cultures précolombiennes.[Précisons toutefois que atl est un mot nahualt (aztèque), et donc originaire d'une partie complètement différente du continent américain.]
  • L’orichalque - probablement un alliage de cuivre et d'or - était commun en Atlantide. Les Incas et les autres cultures locales utilisaient à grande échelle un alliage de cuivre et d'or.
  • Les montagnes entourant la plaine centrale de l'Atlantide étaient censées être riches en gisements minéraux. Les montagnes autour de l'Altiplano ont fourni d'énormes quantités d'or, d'argent et d'autres minerais.
  • Tiahuanaco-Museum 2009 2Les cultures de l'Altiplano, depuis les Incas jusqu'à leurs lointains ancêtres, montrent de nombreuses similarités avec les civilisations de l'ancien monde - pyramides, bâtisses monumentales, aplatissement de la tête (pratiques inoffensives, consistant à attacher au crâne du bébé une planche pour le façonner), etc., le tout évoquant une ascendance commune.
  • L'une des divinités tutélaires de la région de l'Altiplano etait Tunapa, Dieu des Eaux - possible homologue de Poséidon -. Un avatar quechua de Tunapa/Poséidon était Viracocha, héros associé à une inondation ayant détruit une grande civilisation dans la région du lac Titicaca, parfois représenté sous la forme d'un homme blond ou roux, aux yeux bleus, venu de loin, comme  Quetzalcóatl auquel il ressemble. Est-ce là une preuve que la civilisation était arrivée aux Amériques avec les survivants de l'Atlantide de l'Altiplano ?

Mais le premier indice ayant attiré l'attention de Jim Allen sur le potentiel atlante de l'Altiplano s'est aussi avéré être la preuve la plus significative de sa théorie - la présence d'un réseau d'immenses canaux, exactement comme le dit Platon...

Lors de la première série de photos satellite de l'Altiplano bolivien, le regard d'Allen a été attiré par ce qui semblait être un canal gigantesque dans le désert, à l'ouest du lac Poopó.

pampas-aullagas

Au cours des 25 années suivantes, Allen a fait plusieurs voyages en Bolivie pour étudier en personne le mystère de ces canaux.

Contrairement à l'opinion de nombreux experts, il affirme qu'ils sont nettement visibles et qu'ils ne sont pas de simples lits asséchés de rivières suivant le trajet des failles géologiques. Pour lui, ce sont des constructions artificielles témoignant d'une ingénierie hydraulique à une étonnante échelle.

Allen affirme que le canal gigantesque localisé grâce à l'imagerie par satellite correspond exactement aux dimensions données dans le Critias. Selon Platon, sa largeur était d'un stade (180 m). Allen a mesuré sa largeur d'un talus à l'autre au sommet, et à trouvé qu'elle était de 180 m.

Il a continué ses recherches et a finit par découvrir de milliers d'autres canaux, dans un énorme réseau s'entrecroisant sur l'Altiplano, conforme aux proportions du réseau qui, selon Platon, existait sur la plaine atlante.

Qui plus est, les photographies aériennes et les recherches sur le terrain montrent que le site proposé par Allen pour l'acropole atlante, Pampa Aullagas, est entouré de canaux concentriques - jadis remplis d'eau, identique à ceux décrits par Platon.

Tout le monde ne trouve pas convaincantes les preuves d'Allen et son interprétation des photos aériennes. Le paysage a été fortement modifié par les tremblements de terre, les effondrements de terrains et les changements drastiques du niveau du lac Poopó, qui ont estompé assurément le détail précis de cette Atlantide putative.

L'atlantologue Stephen Hodge - auteur de Atlantis : A Practical and Inspirational Guide - souligne que même si Allen a raison à propos du caractère artificiel des canaux, il serait plus logique de faire remonter ceux-ci aux habitants de l'ancienne cité-État de Tiahuanaco, maîtres connus en matière d'irrigation et d'hydraulique.

tiwanaku ruines

Pour sa part, l'atlantologue irlandais Herbie Brennan affirme que Tiahuanaco était bâtie comme un grand port, même si elle était située bien au-dessus du niveau de la mer. Il y voit une preuve de son ancienneté - dépassant les 8000 ans - et du fait que l'Altiplano se trouvait au niveau de la mer à l'époque de sa construction.

Tiahuanaco prouve pour le moins que des civilisations avancées ont existé à l'époque dont parle Platon...

Lien complémentaire : Le site internet de Jim Allen

Bibliographie:

  • Atlas de l'Atlantide : Et autres civilisations perdues. éd. Véga.
  • Atlantis: Lost Kingdom of the Andes. Jim Allen, Floris Books.
  • Les Andes: de la préhistoire aux Incas. Lavallée Danièle et Lumbrera Luis Guillermo Univers des Formes Gallimard, Paris, 1985
  • L'Atlantide et ses secrets, Herbie brennan, Presses du Châtelet, 2001.

Table des illustrations :

    • 1) Carte de la Bolivie P.H.Percy Fawcett.1910 (voir la carte en grand format)
    • 2) Le village de Quillacas dans l'Altiplano bolivien, site important sur ce que Jim Allen appelle la « Piste de l'Atlantide »
    • 3) « Crane masculin allongé » museo Tiwanaku, La Paz, Bolivie.
    4) Photo satellite de Pampas Augullas Google Earth 19°11′47″S 67°3′42″O
  • 5) Tiahuanaco

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